Madina : Rose noire, rose tendre

L’affection, la douceur, le pardon,… ces mots n’étaient pas dans le langage de Madina. Pendant des années, elle avait souffert et son cœur s’était endurci…
Elle ne pouvait plus continuer ainsi..elle en avait assez d’être humiliée, assez de ne pas être considérée par les siens…..

Chapitre 1: le faux départ.

À 14 ans Madina vivait avec son père au quartier Bè, dans la capitale Togolaise. Ses parents étaient séparés.
En effet, Florent le père de Madina, était un homme violent. Depuis son enfance, Madina avait été exposée à la violence et au manque. Elle voyait souvent sa mère se faire battre par son père …
Un soir, alors que sa mère voulu s’enfuir avec elle, son père le découvrit et les rattrapa au portail de la maison. Les coups recommencèrent pour mère et fille. Les voisins étaient intervenus. Florent fini par autoriser le départ de Josiane, la mère de Madina, à condition que sa fille reste avec lui. Il revendiquait ses droits de paternité et traitait Josiane d’adultère et de « porte malheur ». Pour éviter d’envenimer la situation et à bout de force dans cette lutte, Josiane encouragea sa fille à rester avec son père, lui promettant de lui rendre régulièrement des visites. Madina se retrouva alors seule avec son père… Hélas, sa mère ne revint plus jamais pour les visites comme elle l’avait promis.

Madina faisait quotidiennement face aux colères et aux frustrations de son père. Elle n’arrivait plus à être régulière à l’école. Les mauvaises notes commençaient à s’accumuler. Pourtant Madina était une fille intelligente.
Une fois, suite à une nième maltraitance de la part de son père, Madina s’enfuit de la maison…
Ce jour là, elle avait marché, marché encore et encore sans s’arrêter. Rester chez l’une de ses amies dans le voisinage serait assez risqué. Il fallait aller loin, dans un endroit où son père ne pouvait pas la retrouver…
Sous ce soleil chaud du Midi, elle se sentait revivre. Plus elle s’éloignait du domicile de son père, plus elle éprouvait une joie immense. Elle n’avait aucune idée précise de sa destination, mais elle voulait juste être libre. Peut- être trouvera t-elle refuge dans un couvent avec les bonnes sœurs. Une chose était certaine, elle voulait vivre une autre vie. Elle priait dans son cœur pour trouver une âme charitable qui aura pitié d’elle. Elle s’imaginait un avenir meilleur et celà lui procurait de l’espoir.

La nuit tombée, elle pris conscience qu’elle était sans abri. Il n’était pas question qu’elle retourne à la maison de son père. D’ailleurs elle était assez loin pour faire marche arrière. « Ce serait la mort assurée avec ce monstre  » se disait-elle. Elle était de toutes évidence épuisée et affamée.

Hélas ! Cette première nuit dans la rue allait marquer sa vie. Alors qu’elle dormait sur un stand dans un marché, un parfait inconnu s’approcha d’elle et la viola… Personne n’entendit ses cris, personne n’était venue à son secours, personne n’avait arrêté cet homme qui venait de prendre sa virginité.. Elle s’était débattue, il l’avait battu en retour, personne n’entendit ses pleures….
Elle avait pleuré toute la nuit, jusqu’au petit matin…
Les femmes du marché commençaient à arriver. Devant le stand, une dame s’était arrêtée et la regardait d’un air interrogatoire. Plus elle essayait de se cacher en se repliant sur elle même, plus la dame s’avança vers elle.
Akossi, c’etait le nom cette dame, propriétaire du stand.
Dès son arrivée, Akossi trouva la jeune fille ensenglantée et en pleure. Voyant son état, elle compris ce qui c’était passé. Sans juger la jeune fille, elle l’amena à l’hôpital. Madina reçue les soins nécessaires au frais d’Akossi.
Après avoir écouté l’histoire de la jeune fille, elle lui fit une proposition .

Akossi avait en effet besoin d’une main d’œuvre pour son commerce. Elle proposa alors à Madina de devenir son « aide » pour le commerce et les activités domestiques, en attendant de trouver une autre solution pour sa situation.
Madina accepta la proposition. De toute évidence sa scolarisation ne pouvait pas continuer vu sa condition. Elle n’avait aucun papier justificatif de son statut d’élève puisqu’elle avait quitté la maison de son père en courant, fuiant les coups de ce dernier. Elle était dans une ville dont elle ignorait même le nom. Étant encore sous le choc du traumatisme de la veille, il ne lui fallait pas trop réfléchir. D’ailleurs elle n’avait pas d’autres choix. Rester avec Akossi, c’etait l’assurance d’avoir un toit… ( à suivre).

Pensées de l’histoire :

À toutes les femmes battues et les enfants maltraités. Vous n’êtes pas seul(e)s. Où que vos soyez, sachez qu’il y a des personnes prêtes à vous aider. N’hésitez pas à demandez de l’aide.
Si vous êtes en France, le gouvernement a mis en place des dispositifs pour vous aider, surtout durant ce temps de confinement. Vous pouvez appeler le 3919 ou le 17 en cas d’urgence.

Une pensée à toutes ces personnes sans abri, qui sont exposées à toutes sortes de risques dans la rue…

À bientôt pour le chapitre 2 de Madina: rose noire, rose tendre *

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