Madina: Rose noire, rose tendre.

Chapitre 2 : Un semblant de répit


Le réveil sonna à 4 h du matin. Comme d’habitude, Madina se leva pour entamer ses travaux domestiques avant d’aller au marché avec Akossi. Le domicile était à 2 kilomètres du marché. Mais elles préféraient y aller plus tôt afin d’avoir assez de temps pour étaler les marchandises.


Cela faisait déjà plus de 6 semaines qu’ Akossi avait hébergé Madina, après avoir obtenu l’accord de Boniface son mari par téléphone.
En effet, Boniface travaillait pour une entreprise spécialisée dans le domaine de la construction de bâtiments. Son travail lui faisait voyager régulièrement dans les pays voisins. Une semaine avant la rencontre de sa femme et Madina, il avait voyagé au Bénin dans le cadre d’un projet de construction pour une durée de 5 mois.


Akossi et Boniface n’avaient pas d’enfant. Ils avaient perdu leur fils Yoann, 5 ans plus tôt. Il avait 10 ans et il souffrait de la drépanocytose. Suite à une crise survenue quelques jours après son dix anniversaire, Yoann succomba à ses douleurs. Son décès fut très éprouvant pour ses parents au point où ils prirent la décision catégorique de ne plus avoir un autre enfant…
Pour Akossi, la présence de Madina n’était pas seulement utile pour son commerce. Elle inhibait aussi la solitude qu’elle ressentait toutes les fois que son mari était absent.
De son côté, Madina était contente d’être au service de cette dame qui avait preuve de gentillesse à son égard. Malgré les contraintes du travail de « domestique », elle le faisait avec plaisir.
Les premiers jours au marché, avaient été les plus difficiles. Il lui arrivait parfois de sombrer dans un silence total et de rester tétanisée pendant des minutes, le regard figé sur le stand. Akossi l’avait remarqué assez tôt. Ses amies lui avaient conseillé de changer de stand si elle voulait réellement aider Madina. Elle ne tarda pas à poser cet acte, qui s’avérait salutaire pour la jeune fille. En effet, cet endroit éveillait en elle de mauvais souvenirs…

Madina rebondissait peu à peu, et commençait à développer un intérêt pour le commerce.
Akossi était revendeuse d’ustensiles de cuisine, très rigoureuse vis-à-vis de son activité. Madina attirait beaucoup la clientèle. Elle était dynamique, toujours enthousiaste. Elle n’avait pas de difficultés à donner aux clients, l’envie d’acheter à leur stand. Sa patronne se disait chanceuse de l’avoir. Ces deux derniers mois, elle avait eu un vrai succès dans son commerce.
Madina se remettait du viol dont elle avait été victime. Elle évitait d’aborder le sujet et Akossi n’insistait pas. Plus le temps passait, plus elle apprenait à mieux la connaître. Madina aimait beaucoup lire pendant ses temps de pause. Elle n’hésitait pas s’acheter des romans littéraires ou des livres de sciences fictions avec son argent de poche. Sa passion pour la lecture, poussa Akossi à songer à la possibilité de la scolariser à la rentrée prochaine. Elle entreprit les formalités. Malgré les difficultés que cela impliquait, elle réussit à obtenir un extrait de l’acte de naissance de Madina.

Six mois plus tard, les élèves reprirent les classes. Madina fut très contente de retrouver le chemin du collège. Elle eut à passer une batterie de tests, dont l’objectif était de déterminer son niveau scolaire. Elle reprenait la classe de 4 ème, celle qu’elle avait entamer avant de quitter la maison de son père. C’était pour elle un nouveau départ…


Entre temps, Boniface le mari d’Akossi était aussi rentré de son voyage. C’était un homme assez discret. Depuis son retour, il s’était montré aimable à l’égard de Madina, et l’encourageait à faire preuve de diligence dans les études.
Madina était quotidiennement reconnaissante pour la gentillesse de ce couple. De parfaits inconnus qui lui donnent une nouvelle opportunité de réussite….( à suivre).

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est img_20200404_234608_334.jpg



Pensées de l’histoire :

À tous ceux qui font le bien, merci d’avoir décidé d’être acteur dans l’épanouissement d’autrui. Merci pour votre altruisme.
À toutes ces personnes qui vivent des situations difficiles, sachez qu’aucune condition n’est permanente. Gardez espoir, une seule rencontre suffit pour changer le cours de votre histoire…
À tous les parents qui ont des enfants atteints de drépanocytose, beaucoup de courage à vous.
À tous ces enfants et adolescent(e)s déscolarisé(e)s ou domestiques, qui passent leurs journées à la maison, dans les marchés ou dans les rues; n’arrêtez jamais de rêver vos plus grands rêves car un beau jour arrivera. #stopladescolarisation.

À bientôt pour le chapitre 3 de Madina Rose noire, rose tendre.
D’ici là, prenez soin de vous. #Restezchezvous

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site vous est proposé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :