Madina rose noire, rose tendre

Chapitre 5 : L’inattendu

Au fil du temps, la tension entre Madina et Boniface semblait disparaître. Les voyages de ce dernier devenaient de plus en plus fréquents, et même quand il n’était pas en mission, il était de moins en moins présent à la maison. Akossi attribuait ses absences aux raisons professionnelles. Mais Madina avait la certitude qu’elles n’étaient pas uniquement liées à son travail…

L’année qui a suivi, Madina fut admise en classe de première. Dès le début de l’année, son objectif de réussite était bien fixé. Elle ne négligeait rien pour arriver à ses fins. Elle était assidue au cours et collectait des anciennes épreuves pour ses temps de travaux personnels . Quand elle le pouvait, elle travaillait en groupe avec Zeinab et un nouveau élève de leur classe. Puisque ses tâches domestiques pouvaient parfois être chronophages, Madina réduisait de plus en plus ses heures de sommeil. Ainsi dans la journée, il lui arrivait d’avoir des paupières lourdes, surtout après l’heure du déjeuner. Sachant que la jeune fille n’avait pas l’habitude de discuter ses ordres, Akossi n’hésitait pas parfois à lui imposer quelques minutes de sommeil quand elle la voyait somnolente. C’était le seul moyen pour ôter la fatigue constante qui se lisait sur son visage…

Pour Madina, réussir était devenue une mini obsession, un moyen de se réaliser et de faire plaisir à Akossi. C’était aussi sa manière de prouver à son père et à tous les autres hommes, que les femmes méritent le respect. Mais était-ce nécessaire ?..Si oui, pourra t-elle réussir un tel pari ?

Un soir, sur leur chemin de retour du marché, Akossi lui demanda de continuer le trajet seule, car elle avait un rendez-vous avec un client débiteur dont la boutique était située en face du boulevard, à la périphérie du marché.

Laissant sa patronne quelques mètres en arrière, Madina poursuivait son chemin, avec leur sac de course alimentaire à la main. Elle traversa le boulevard et se retrouva à l’autre bord. Soudain elle eut un mauvais pressentiment. Elle s’arrêta quelques instants puis se retourna pour observer sa patronne. D’après ses réactions, Madina compris que le rendez-vous ne se passait pas comme prévu. Akossi semblait très en colère. Elle décida alors de l’attendre en se disant qu’elle pourra au moins, essayer de la calmer. Quelques minutes plus tard, Akossi quitta la boutique toute furieuse. Au moment de traverser le boulevard, elle ne prit pas le temps de bien observer la circulation. Comme beaucoup de piétons dans les villes togolaises, Akossi ignorait les codes de la route. Les usagers avaient en effet l’habitude de circuler sur la chaussée sans tenir compte des passages piétons. Par ailleurs, ces passages étaient très peu visibles sur les routes …

Alors qu’elle s’engagea sur la chaussée, un taxi roulant à vif allure la percuta… sans crier gare.. Hélas! Le choc fut intense.

Tout s’arrêta en pour un instant. Au son du cri de détresse d’Akossi, Madina senti son cœur battre fort comme s’il sortait de sa poitrine. Elle perdit le contrôle d’elle même. Jetant le sac contenant les courses, elle courut en direction d’Akossi essayant d’arrêter avec ses mains, les motocyclistes et les voitures qui passaient dans son sens de circulation….

Les riverains commençaient à s’attrouper. Le conducteur de taxi s’était enfui voyant le corps inerte d’Akossi au sol. En pleur, Madina se pencha sur Akossi et criait  » appelez une ambulance. S’il vous plaît aider moi.. ». La plupart des riverains sortaient leurs téléphones pour filmer la tragédie au lieu d’appeler les secours. Quelques instants plus tard, on entendait un monsieur hurler dans la foule :  » Laissez moi passer. Je suis infirmier  » . Les riverains lui cédèrent la place. Arrivée prêt d’Akossi, il se baissa pour l’examiner. Visiblement il savait ce qu’il faisait. » Elle respire encore. Mais elle a un pouls faible » finit-il par dire. « L’ambulance va arriver dans quelques instants, je les ai contacté dès que j’avais vu le choc » rajouta t-il.

En effet l’homme était assis sur la terrasse d’un bar lorsqu’il aperçut le choc. Infirmier de profession il eut le réflexe d’appeler les secours. Une dizaine de minutes plus tard, les ambulanciers arrivèrent. Après les premiers soins, Madina monta à bord de l’ambulance avec sa patronne inconsciente.

Au moment des faits, Boniface était encore en voyage professionnel. Madina était donc seule à faire face à cette tragédie…

Pensée de l’histoire

Dans les pays en voie de développement, le code de la route est rarement respecté. La prévention routière, quand bien même qu’elle est enseignée au premier cycle, n’est pas appliquée dans la vie courante. En effet, les inégalités sociales couplées au taux d’alphabétisation faible et aux conditions de vie, constituent des facteurs défavorables pour l’adoption de comportements préventifs par la grande majorité de la population.

Chaque vie compte. Nous pouvons éviter plusieurs accidents dans nos pays en adoptant des comportements préventifs. La prévention routière s’avère indispensable et doit être réexaminée dans les politiques de sécurité, d’urbanisation et d’éducation.

A très bientôt pour le chapitre 6 de Madina, rose noire, rose tendre.

D’ici là, prenez soin de vous, restez prudents.

Images Gratuites : paysage, la nature, forêt, noir et blanc, route ...
La prudence sur la route est valable pour tous les usagers. Ne perdons plus nos proches pour des raisons évitables.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site vous est proposé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :