Devenir parent quand on a eu des géniteurs…(Partie 2)

Ouf ! Par où commencer ?

Cela fait plus d’un an que je me suis posée pour vous écrire, vous mes chers lecteurs. La vie n’a pas été une partie de plaisir dernièrement. Mais, je reprends ma plume pour aborder la deuxième partie de cette thématique à laquelle je m’intéresse depuis un certain temps. En réalité je m’intéresse à cette question car, mon cœur saigne de voir des jeunes gens confus, amères, frustrés. Mon cœur saigne de voir des vies détruites, des destinées retardées à cause des mauvais choix des parents ou à cause de parents ayant manqué à leurs responsabilités.

Récemment en surfant sur les réseaux sociaux, je suis tombée sur un interview qui relate l’histoire de Léna. Il s’agit d’une jeune femme de 21 ans, qui a renoncé à ses droits parentaux sur la petite Malia, sa fille de 18 mois. Après quelques mois dans les mailles des services sociaux, Malia fut adoptée par sa famille d’accueil, un couple de quadragénaires qui avaient déjà deux enfants biologiques un peu plus âgés.

Les premières semaines n’avaient pas été faciles car la petite pleurait régulièrement l’absence de sa mère biologique. Mais avec le temps, Malia a fait preuve d’adaptation à son nouvel environnement. Sur les photos, on pouvait la voir toute joyeuse. Cette famille lui démontrait beaucoup d’affection. D’ailleurs elle semblait être également heureuse avec Léna sa mère biologique, avant que cette dernière ne décide de renoncer à ses droits parentaux. Mais alors pourquoi Léna a-t-elle fait ce choix ?

Léna explique dans son interview qu’elle ne se sentait plus capable d’assumer son rôle de maman. « Je ne me vois pas être une mère à mon âge » avait -elle déclaré. « J’ai pensé pouvoir y arriver mais je ne peux pas, je n’ai pas envie de lui faire mal ». Je précise que la naissance de Malia n’est pas issue d’un viol. Ce sont deux jeunes gens qui ont consenti d’avoir des relations sexuelles sans précautions dans le cadre d’un concubinage. Jean, le jeune papa s’est éloigné dès l’annonce de la grossesse. Il voulait juste passer du bon temps selon les dires de Léna.

Léna n’avait pas eu l’intention de se débarrasser de la grossesse. « J‘ai déjà commis une erreur en manquant de prendre les précautions, je ne vais pas en rajouter en mettant fin à la vie d’un petit humain. Je pensais que je pouvais y arriver « . A ces mots, on pouvait lire la sincérité dans ses regards. Elle avait un instinct maternel et c’était évident. Mais pourquoi a-t-elle abandonné au bout de 2 ans ?

Léna raconte son histoire de vie. Elle explique qu’elle avait eu une enfance douloureuse, avec des parents absents et maltraitants, puis un parcours ASE (aide sociale à l’enfance). Dès son adolescence, elle était confuse par rapport à sa réelle identité. Comment pouvait-elle prendre soin d’un enfant dans une telle confusion ? Elle déclare avoir fait de son mieux depuis la naissance de sa fille, mais qu’elle a peur de lui faire du mal vu son style de vie (consommation de drogues, prostitution).

Lena explique qu’elle perdait parfois patience lorsque la petite pleurait et qu’elle avait déjà fait plusieurs tentatives de suicide parce qu’elle avait peur de ses propres réactions. Elle voulait bien garder Malia car elle était devenue un rayon de soleil dans sa vie sombre. Mais elle avait peur d’abîmer cette petite fleur qu’est Malia, peur d’être la « mauvaise mère ». Léna rajoute aussi qu’elle voudrait librement vivre sa vie de jeune femme, et en profiter au maximum. Avoir un enfant était handicapant pour elle. Elle ne pouvait plus sortir avec ses amis comme elle voudrait. Financièrement, elle n’avait pas les moyens pour répondre aux besoins de Malia. Pour toutes ces raisons, elle a préféré s’en éloigner afin de lui permettre d’avoir une enfance heureuse auprès de personnes qui lui donneraient un foyer. Léna fini son interview les larmes aux yeux, en exprimant son amour pour Malia et en lui demandant pardon de l’avoir abandonné.

Humm! Quelle histoire!

J’ai longuement réfléchi à cette situation et voici le fruit de mes réflexions.

Mettre un enfant au monde, ne fait pas automatiquement d’une personne un parent. Cela confère juste la stature de géniteur ou de génitrice. Devenir parent est avant tout une décision. C’est une responsabilité, qu’une personne s’engage à assumer dès lors qu’un enfant vient au monde. Toutefois, il peut arriver de prendre cette décision et d’avoir peur de ce rôle qu’est la parentalité. C’est le cas de Léna. Elle avait peur de ne pas être assez bonne pour sa fille en tant que parent, eu égard à ses propres blessures et défis.

Plusieurs questions peuvent émerger lorsqu’on a un petit être humain à charge. Par exemple « Que dois-je faire? Que faut-il lui donner ? Suis-je un bon père, Suis-je une bonne mère ? Et si j’échoue dans son éducation ? » Ces questions sont tout à fait normales et légitimes car vous avez ce désir de bien assurer votre rôle de parent et de voir évoluer votre enfant.

Nous ne naissons pas parent. Nous apprenons à l’être et nous le devenons. Mais alors, c’est quoi être parent ?

Nous sommes tous d’accord pour dire que le parent parfait n’existe pas, puisqu’aucun humain n’est parfait. Selon ce que j’ai pu observer, un parent c’est une personne qui décide de se rendre totalement disponible pour accompagner et aider un être humain qui vient d’atterrir dans ce monde. C’est donner à ce dernier toutes les ressources dont il a besoin pour être la personne qu’il est amené à être et pour gérer les situations de la vie qui se présenteront à lui. C’est pour cette raison que la parentalité et l’égocentrisme ne marchent pas ensemble.

Le jour où vous devenez parent, que vous le vouliez ou non, vous allez devoir renoncer à vous même pour être capable d’assurer votre rôle. D’ailleurs je crois que c’est pour cette raison, qu’il est préférable d’être dans le cadre du couple avant de faire naitre un enfant. En effet, dans le couple, vous apprenez déjà à ne plus être centré sur vous. Vous apprenez à renoncer à votre petite personne, à trouver le moyen de fonctionner avec l’autre. Vous apprenez à céder afin de faire du bien à l’autre et vice versa.

Une personne égoïste ou égocentrique ne peut pas être un parent sain ou un parent de qualité. En effet, une telle personne va être constamment centrée sur elle-même « Et moi alors ? Qu’en est-il de ma liberté ? Qu’en est-il de ce que je veux ? de mes sentiments ? Je veux que mon enfant soit comme ceci, ou comme cela. S’il n’est pas comme je souhaite, alors je ne l’aime pas« .

Dès lors que vous avez un enfant entre vos mains, vous devez prendre conscience qu’il ne s’agit plus de vous mais d’une génération, d’une nation.

Pour finir, j’adresse ces quelques lignes aux jeunes. Le sexe n’est pas juste pour le plaisir ou pour démontrer son amour. Chaque fois que vous avez des relations intimes sans précaution, il y a une probabilité que vous appeliez un enfant à venir au monde. Avant de vous y engager, posez-vous donc la question suivante : « ai-je les ressources nécessaires pour être responsable d’un enfant et en prendre soin ? »

Les ressources pour prendre soin d’un enfant ne sont pas que financières. S’occuper d’un enfant nécessite des ressources spirituelles (votre relation avec Dieu et avec vous-même), émotionnelles (l’état de votre âme, votre santé mentale et la capacité à gérer vos émotions) et physiques (santé corporelle, la capacité à porter la charge d’un enfant jusqu’à son autonomie).

Cela signifie que vous devez d’abord avoir une maturité et une stabilité spirituelle, être émotionnellement stable et guéri des blessures intérieures, avoir la capacité d’assurer la proximité avec cet enfant. Si vous arrivez à hisser le niveau dans ces domaines, vous serez capables de former des enfants épanouies et équilibrés. Un parent instable, immature et déséquilibré a un fort risque de former des enfants à son propre image (instable, immature, déséquilibré).

Mon objectif en écrivant ces lignes n’est en aucun cas de juger les parents. Plusieurs ont traversé énormément de difficultés et ont fait comme ils pouvaient. En partageant mes réflexions, je souhaiterais réveiller la conscience de mes congénères et celle de la génération future, afin que nous puissions donner un meilleur environnement à d’autres générations.

J’espère que mon message a été constructif pour vous. Sinon, qu’avez-vous pensé de cette situation ? N’hésitez pas à me laisser vos commentaires. Je serai ravi de vous lire et de vous répondre.

A bientôt

Séfako

8 commentaires sur “Devenir parent quand on a eu des géniteurs…(Partie 2)

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  1. Merci de votre réflexion que j’apprécie beaucoup.

    Je pense qu’il faut aussi souligner l’importance de ce faire soigner (pour guérir de ses blessures intérieures) quand on aspire surtout à être parent. Les psychologues peuvent aider en ce sens.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour,
      Merci pour votre commentaire encourageant. Effectivement, les psychologues peuvent aider à résoudre les conflits internes et à améliorer nos ressources.
      Merci et à bientôt

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